Chapitre 28 :

 

Le projet D.M.

Où vas-tu Ashelia ? Reviens !

La voix de Minami ne la fit même pas hésiter. Elle avait pris sa décision et s’y tiendrait jusqu’à ce qu’elle réussisse ou qu’elle meure. La seule raison qui l’avait retenue jusque là était qu’elle avait tenu à assister aux funérailles, un peu plus tôt dans la journée. Elle ne voulait pas se défiler et avait rendu hommage aux morts comme il se devait.

Attends, je t’en supplie !

Les pas assurés d’Ash la menèrent jusqu’à la grille principale de l’Hybris au-delà de laquelle se trouvaient les ponts menant aux téléporteurs. Mais avant qu’elle ait pu en franchir le seuil, la main de son amie se posa sur son épaule, la forçant à lui faire face.

Je sais ce que tu veux faire ! Tu ne peux pas affronter Motoko toute seule, c’est de la folie !

Reste là à pleurer nos camarades et amis morts, moi j’agirai pour nous tous.

Je comprends ta douleur, crois-moi, mais…

Ah vraiment ? ironisa froidement Ash. Tu sais ce que c’est que de voir son père se faire tuer sous ses yeux ? Tu sais ce que c’est que de se faire arracher à son foyer et de devoir fuir dans un monde qui t’est totalement étranger ? Ou de découvrir que tout ce que tu croyais être n’est qu’un mensonge ? Que tu n’es même pas vraiment humaine et qu’au fond de toi un pouvoir obscur finira par te faire disparaître ? Tout ça tu le sais ?

Minami relâcha son étreinte, fixant le sol les larmes aux yeux.

Ashelia, je…

Je m’appelle Ash ! ASH !

Zanakioriah ? demanda soudain une voix derrière Minami.

C’était Rei qui s’était approché sans qu’elles le remarquent. Quelques autres élèves arrivaient vers eux.

Tu es la Princesse Ash Zanakioriah ? répéta Rei plus fort.

Cette princesse dont tu parles est morte. À présent je suis Ash, la descendante de celui qui sauva la Terre. Et je ferai pareil avec cette planète !

Et tu crois pouvoir faire face à Motoko à toi toute seule, idiote ?

Je ne sais pas, voyons…

Sur ces derniers mots Ash tendit sa main en avant. Une aura noir l’entoura immédiatement et Rei se souleva de quelques centimètres du sol. L’aura de la Princesse s’était enroulée autour de lui comme un serpent prêt à l’engloutir. Elle était devenue autrement plus puissante en quelques jours à peine. Sa maîtrise de la magie avait également beaucoup augmenté. Et même si elle sentait le démon en elle gratter contre les parois de son esprit, elle sentait aussi qu’elle pouvait lui résister.

Je pense que j’aurai plus de chance que vous, conclut Ash avant de relâcher son étreinte en laissant Rei tomber à terre.

À nouveau elle tourna le dos à l’Hybris mais une voix la retint finalement.

Ash, attends.

Elle resta pourtant de dos, sentant son cœur se serrer si fort qu’elle eut l’impression qu’il allait s’arrêter. Elle l’entendit approcher de plus en plus, puis il se figea juste derrière elle et posa sa main sur son épaule. Elle esquissa un mouvement pour qu’il la retire, mais il n’en fit rien.

Tu vas me dire que tu sais ce que je ressens, toi aussi ? pesta froidement la Princesse. Inutile de gaspiller ta salive !

Non, je ne sais pas ce que tu ressens. Je n’ai pas envie de savoir. Je vois bien que ça te ronge. Je ressens ta colère dans ta voix et ça me rend plus triste que tu ne peux l’imaginer. Mais je n’ai pas envie de te laisser partir sans rien dire. Et même si j’échoue à te faire entendre raison, il est hors de question que je te laisse y aller sans moi. Je t’accompagnerai même si tu n’es pas d’accord, même si tu me détestes pour ça.

C’est hors de question.

Ce n’est pas négociable.

Ash se retourna finalement vers son ami.

Kaïh arborait un large bandage qui couvrait totalement son orbite gauche, désormais vide. Il avait définitivement perdu son œil. Ça avait été le prix à payer pour le défaire de l’emprise de Motoko. Anghor avait réussi à le sauver, in extremis, contrairement à Laruku.

Regarde-toi, lança Ash. Tu n’es pas en état de combattre.

Tu crois que toi tu l’es ? Ma blessure est physique, mais la tienne, même si elle est invisible, est beaucoup plus profonde. Tu te reproches la mort de Laruku et tu redoutes que ce que Telhia t’a dit soit vrai. Qu’ici tu ne sois pas vraiment utile. Mais crois moi, si tu meurs là-bas parce que tu n’étais pas prête, tu auras définitivement échoué.

Alors quoi ?! Je dois rester ici sagement à étudier pendant que d’autres gens meurent ? Ça te convient à toi ? Ça vous convient à vous tous ?

Bien sur que non, pesta Rei.

J’ai envie de m’investir, lança Minami. Mais je sais qu’on n’est pas encore assez forts.

Motoko et ses démons sont trop puissants pour nous, hésita un garçon.

Plusieurs autres personnes étaient autour d’eux et chacun y alla de son petit commentaire. Pour Ash ce n’était que des excuses, un bouclier facile à lever pour ne pas affronter un ennemi.

J’ai vaincu des démons ! explosa-t-elle en coupant court à leurs prétextes. Ils ne sont pas aussi forts que vous le pensez ! C’est la peur d’affronter un adversaire que vous ne connaissez pas qui vous rend faibles ! Ça vous empêche de vous battre et c’est justement ce qui fait la force de nos ennemis pour le moment ! C’est en les combattant que vous deviendrez plus fort, pas en restant là à étudier et à apprendre vaguement à vous battre sans mettre votre vie en danger.

Et si on y laisse notre vie, justement? demanda une fille dans la masse des élèves qui s’agglutinaient.

Mais que veulent-ils vraiment ? pensa la Princesse. Ne comprennent-ils pas que c’est une guerre ? Qu’il y aura nécessairement des pertes des deux cotés pour que l’Histoire avance ?

Moi je suis prête à sacrifier ma vie pour en protéger d’autres, avoua Ash en toute honnêteté. Je pensais qu’on était tous dans ce cas-là ? Nous sommes des soldats, non ? Nous savons que la liberté a un prix et je sais que beaucoup sont prêts à le payer. J’ai vu ces élèves que l’on a honorés aujourd’hui se mettre entre Motoko et moi sans une once d’hésitation, et mourir en tentant de nous protéger mes amis et moi. Je sais que vous avez tous cette bravoure en vous. Ce qu’il vous manque c’est l’occasion de faire vos preuves ! Je ne dis pas que vous serez de taille à combattre Aostaris ou Motoko tout de suite, mais au lieu de perdre notre temps à arpenter un complexe souterrain à moitié vide, on devrait aller libérer les capitales, repousser les armées d’Hommes et de démons, sauver ceux qui n’ont pas la chance d’avoir notre pouvoir pour se défendre. Alors restez là si vous pensez être trop faibles, mais vous ne serez jamais vraiment forts.

Ash se rendit alors compte qu’un écho de sa voix se répercutait entre les murs de l’école, semblant l’ébranler doucement. Quelque chose avait amplifié sa voix pour qu’elle résonne partout sur l’Hybris.

Voilà de bien dures paroles pour une si jeune fille, lança alors une voix familière. Anghor se détacha de la masse d’élèves et s’avança vers leur petit groupe.

Ash Zanakioriah, commença-t-il.

Laissez mourir ce nom.

Dans ce cas, Ash Kuroshiro, descendante de Kyô Kuroshiro, je te rejoins dans ton discours. J’ai trop longtemps hésité à envoyer nos jeunes soldats sur le terrain. Et même les Slayers passent le plus clair de leur temps sur l’Hybris à s’entraîner au lieu d’utiliser ce qu’ils ont appris. J’avais peur de refaire les mêmes erreur en intervenant de manière trop brutale dans l’Histoire de Gaëa. Mais après mille années de présence, nous faisons nous aussi partie de son Histoire. Il est temps de nous éveiller et de faire ce pour quoi les magiciens se sont toujours battu depuis Kyô lui-même : protéger la vie.

Ce ne sont que des paroles, lança Ash.

Leurs voix à tous deux semblaient toujours reprises en un écho qui se répandait à travers toutes les structures de l’école. Des gens commençaient même à sortir des bâtiments, cherchant la source de ce discours.

Anghor s’éclaircit un peu plus la voix et sembla s’adresser à un interlocuteur invisible.

Élèves de l’Hybris, aujourd’hui a été pour nous tous un triste jour. Nous avons inhumé nos camarades, nos amis, nos frères d’arme. Ils se sont battus pour protéger la vie et nous sommes censés faire pareil. Je me rends compte aujourd’hui que je n’ai pas été un directeur à la hauteur de mon rang. J’aurais dû vous permettre d’agir depuis bien longtemps. Mais il n’est pas trop tard. Car demain sera un grand jour ! Demain, l’Hybris se posera sur Gaëa et notre combat contre Motoko et Aostaris prendra de l’ampleur. Celles et ceux qui ne veulent pas prendre part à ces futurs combat sont libres de rejoindre dès à présent les quartiers résidentiels civiles. Je vous assure que je ferai tout mon possible pour protéger ceux qui y vivent et les tenir loin des combats. Pour les autres, vous incarnez désormais l’espoir d’une paix durable. Nous en avons le pouvoir, et nous l’utiliserons en ce sens.

Petit à petit, des exclamations résonnèrent dans toute l’école. Anghor enjoignit les élèves à se rassembler dans la cour centrale et très vite des élèves se mirent à sortir des bâtiments et à courir vers la grille. Certains sautillaient gaiement, d’autres levaient les mains au ciel et d’autres encore souriaient simplement.

Après quelques minutes, un véritable chant de guerre fut repris par tous les élèves.

Ash n’aurait jamais cru voir tant de joie un jour aussi triste que celui-ci. Partout les élèves montraient qu’ils étaient prêts à se battre et ravis de la décision de leur directeur. Comme s’ils avaient attendu ce jour depuis trop longtemps. Certains vinrent même serrer la main de leur directeur et, étonnamment, firent de même avec Kaïh et Ash tout en leur présentant de sincères condoléances pour leur ami.

La Princesse ne savait plus trop quoi faire. Elle était toujours déterminée à affronter Motoko, mais si l’Hybris s’apprêtait à faire la même chose, ne valait-il pas mieux y rester ?

Comme s’il lisait dans ses pensées, Anghor s’adressa alors à elle.

Ils auront besoin d’un guide, d’une figure charismatique et forte à suivre. Tu incarnes tout ce que j’ai toujours respecté. Tu es la digne héritière de ce qu’était Kyô aux premiers jours. Tous te suivront naturellement, car ils le sentent.

Je ne sais pas, hésita Ash. 

Il a raison, lança alors la voix de Rei.

C’était pourtant la dernière personne à qui Ash aurait pensé en entendant ces mots.

T’es une idiote finie, tu m’as l’air plutôt immature, mais tu as plus de cran que tous les élèves de cette foutue école. Si tu restes ici, je t’épaulerai sans rechigner. Et si tu décides de partir, je viendrai avec toi ! Tu fais bouger les choses, et c’est exactement ce que je veux.

Ash ! appela la voix lointaine de Kensuke.

Elle le repéra facilement, à l’écart de la foule, lui faisant signe de venir.

Attends, la retint Anghor alors qu’elle allait le rejoindre. Avant que tu le rejoignes, je veux que tu saches que je tiens énormément à toi. Même si pour le moment nous n’avons pas eu loisir de nous entretenir autant que ce que j’aurais aimé, j’ai passé plus d’une vie à te chercher. Je me sens comme un père pour toi, même si ce n’est pas ce que tu ressens. Et même si tu es encore très jeune, j’ai toute confiance en tes décisions. Suis toujours ce que te dit ton cœur, fais confiance à tes amis et tu accompliras tout ce que tu souhaites.

Ash vit alors dans ses yeux l’expression de l’amour paternel qu’il venait d’évoquer. Elle le sentit très clairement et vit même le visage d’Hisran, son père adoptif, s’imprimer un instant dans son esprit. Anghor l’aimait comme sa propre fille. Après tout, il l’avait vue naître et l’avait suivie des yeux de loin le temps qu’elle grandisse. Si elle ne le connaissait pas encore assez pour ressentir cela, elle savait que l’amour que lui portait ce père par procuration était sincère et elle fut touchée de le constater.

Je ferai toujours de mon mieux, répondit-elle simplement, un peu troublée. Et nous prendrons le temps de mieux nous connaître.

Il lui fit alors un signe de tête et se tourna vers Kaïh pour lui mettre une petite tape sur l’épaule, l’air de rien. Mais elle le savait ému, car elle aussi l’était.

Ash dut batailler contre une horde d’élèves en émoi pour arriver finalement à hauteur de Kensuke.

Je crois qu’il est temps d’accélérer un peu les choses, tu ne crois pas ?

Comment cela ? Je ne comprends pas. Ne viennent-elles pas d’être accélérées ?

Plus encore. Viens avec moi.

Ils pénétrèrent ensemble dans la tour principale et se dirigèrent vers la salle contenant les ascenseurs. Là, Kensuke l’emmena vers un cadre accroché au mur représentant un homme, les bras en croix, le regard fixé vers le sol. Sa main droite tenait une épée, sa main gauche une plume et au centre de son torse on pouvait distinguer en contour lumineux son cœur battant dans sa poitrine. La main de Kensuke se posa justement à cet endroit, entourée d’aura. Alors le tableau glissa lentement dans le sol, révélant un troisième ascenseur dans lequel ils pénétrèrent ensemble.

Où m’emmènes-tu ? demanda Ash alors qu’ils amorçaient leur descente.

Il existe un projet visant à augmenter la force des élèves ayant un fort potentiel et j’aimerais que tu en fasses partie avant que tu affrontes Motoko. Seulement ça prend du temps et Anghor est contre car c’est très risqué.

Il laissa passer un blanc. Ash ne dit rien non plus, espérant qu’il allait poursuivre sans qu’elle n’ait à le questionner.

Mais après ce que j’ai entendu aujourd’hui je suis sûr de moi. Seulement la décision t’appartient.

Ça prendrait combien de temps ?

Kensuke ne répondit pas à cette question. L’ascenseur finit sa course et ils se retrouvèrent face à un énorme couloir où un nombre incroyable d’embranchements semblaient converger. On aurait dit l’allée centrale d’un immense labyrinthe.

Viens, j’aimerais te présenter les élèves qui font déjà partie du projet.

Ils marchèrent pendant un bon quart d’heure, tournant un coup à gauche, un coup à droite, puis continuant tout droit avant de reprendre à droite.

Finalement, ils pénétrèrent dans une salle pavée de moniteurs affichant des lignes de chiffres et des schémas. Un homme en blouse se tenait là, tapotant sur une petite tablette. Lorsqu’il les remarqua, un sourire radieux illumina son visage. Ash remarqua alors qu’il était vraiment très jeune. Il devait avoir quinze ou seize ans tout au plus.

C’est un honneur de te rencontrer Ash. Je me permets de t’appeler Ash et non Princesse Zanakioriah car j’ai cru comprendre que tu n’aimais pas ça. Moi aussi ça me gaverait si tout le monde me prenait pour pour un snob alors que pas du tout. Et puis je vais te tutoyer aussi tant qu’on y est, si ça ne te dérange pas ?

Le débit de paroles du jeune garçon était impressionnant. Ash avait l’impression de comprendre ses phrases à retardement.

Moi je suis Suny, scientifique indépendant, lâcha-t-il comme conclusion.

Il avait les cheveux bruns en pétard sur la tête et de grands yeux bleus. Ses traits étaient doux et il semblait vraiment sympathique. Mais Ash n’arrivait pas encore à se faire à l’idée qu’il était si jeune.

Du calme mon petit, dit alors Kensuke. Je l’ai amenée ici pour qu’elle ait un aperçu du projet D.M. Je te laisse lui expliquer, mais si tu t’excites trop je te tire les oreilles.

Reçu cinq sur cinq chef, même si je n’aime pas ce titre de « petit » dont tu m’affubles à tout bout de champ, mais je préfère ça au « Docteur » de mes soi-disant collègues qui passent plus de temps à blablater qu’à travailler…. Aïe !

Kensuke venait de tirer l’oreille à Suny, comme il l’avait dit.

Ok, reprit ce dernier. Regarde, Ash.

Il tapota sur sa tablette et tous les moniteurs affichèrent la même image. Celle d’une fille aux cheveux roses d’à peu près l’âge de la princesse, installée au centre d’un cercle de métal duquel partaient des centaines de câbles eux-mêmes reliés à la jeune fille.

Aiko Raberson, une des meilleures candidates au projet D.M.. Elle a passé la barre des seize heures d’affilée dans le Machina. Elle est quasiment prête à passer en phase finale. C’est l’histoire de quelques jours.

Il tapota à nouveau sur son appareil et une nouvelle image apparut. Celle d’un homme à la peau mate, dont les muscles saillants étaient recouverts de sueur. Il était au centre de la même machine que la fille de tout à l’heure.

Stan Finegan, une vraie bête ! Il a déjà passé tous les tests et est considéré comme apte. Il tient à continuer l’entraînement en attendant l’aval d’Anghor concernant les Cinq Piliers.

Attends, ordonna Ash avant que le jeune homme change une nouvelle fois d’image. Je ne comprends pas. Qu’est-ce que le projet D.M. ? En quoi ça concerne les Cinq Piliers ?

Suny échangea un regard avec Kensuke qui lui fit un signe de tête. Alors ils se mit à expliquer et Ash fit tout son possible pour suivre le débit de paroles fulgurant du jeune homme.

L’aura est une énergie et par conséquent la stoker en grande quantité est dangereux pour l’hôte car elle dégrade le corps et l’esprit. De ce fait nous avons tous une limite qu’on ne peut dépasser en théorie sans mourir et de toute façon cette limite est rarement atteinte par le commun des mortels. Cependant il existe quelques rares personnes ayant la capacité de déployer plus de puissance que la normale, beaucoup plus. Mais celle-ci se voit bloquée par des barrières physiques et psychiques imposées par notre condition d’humains. C’est là qu’intervient le Machina. C’est une machine qui va éprouver le corps et l’esprit de ses cobayes jusqu’à leur extrême limite. Le but étant d’épuiser le sujet jusqu’à ce qu’il soit à deux doigts de mourir. Après quoi nous plongeons son corps dans des solutions réparatrices pour panser ses blessures. Le corps et l’esprit s’en retrouvent endurcis et leurs limites sont repoussées. On recommence alors l’opération plusieurs fois jusqu’à ce que ce soit la machine qui soit repoussée dans ses retranchements. Là l’entraînement prend fin et, en théorie, le sujet est capable de développer une énergie incommensurable sans subir trop de dégâts irréversibles… en théorie.

Vous voulez dire que vous êtes en train de torturer ces gens ? s’étonna Ash.

Elle remarqua alors les larges cicatrices sur le corps de Stan, ainsi qu’un filet de sang sortir de son nez.

Pire que ça, répondit Kensuke. Au cours de ces mille années, il y a eu beaucoup de prétendants au projet D.M. Et il y a eu quasiment autant de morts. Le taux de survie est inférieur à 1%. Ils souffrent et, pour la plupart, meurent d’épuisement. Certains sont devenus fous à cause de la douleur.

Ash ne savait pas quoi penser. Elle trouvait cela horrible, et en même temps quelque chose la poussait à vouloir essayer, à entrer dans le projet. Si elle était si spéciale, elle réussirait aussi bien que les 1% d’élus.

Et quel est le rapport avec les Cinq Piliers ?

Il se trouve qu’il y a huit ans six personnes ont réussi en même temps à survivre au Machina, expliqua Suny. Cinq d’entre eux formèrent l’élite des soldats de l’Hybris, d’où leur nom. Kensuke en fait partie comme tu l’as compris. Mais les sujets actuels du projet D.M. sont censés les remplacer.

C’est pour ça que je sais que tu peux y arriver, continua ce dernier. Je sais que tu as mille fois plus de potentiel que moi. Si tu acceptes d’entrer dans le projet, tu auras une vraie chance de libérer Gaëa de toute oppression. Ce ne sera pas juste une idée, ce sera quelque chose de réalisable.

Ash savait qu’elle était sur le point d’accepter, mais elle se força à réfléchir. Si jamais elle n’était pas à la hauteur, ce serait la fin pour elle. Il n’y aurait plus d’après, pas de deuxième chance. Elle aurait simplement échoué et elle ne voulait ça pour rien au monde. Il ne fallait pas qu’elle fasse preuve d’arrogance en se sur-estimant.

Combien de temps faudrait-il pour être apte ? demanda-t-elle alors.

À nouveau les deux hommes échangèrent un regard avant que Kensuke réponde.

J’ai peur que ça prenne du temps.

Combien ? Une semaine ? Un mois ?

Un an.

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