Chapitre 9 :

 

Il suffisait de se poser la question

– Non mais vous vous moquez de moi ? s’écria Kaïh. La princesse Ash est un personnage de premier plan pour le royaume de Zankior. Comment osez-vous la traiter ainsi devant nous ?

Kaïh venait de saisir le col d’Aostaris, le portant à sa hauteur, fou de rage. Ils avaient passé trois jours entiers sans avoir de nouvelles d’Ash, et voilà qu’un vieil Etrah venait leur raconter tout un tas d’inepties impossibles à avaler, tranquillement assis sur son trône sculpté dans un arbre d’or.

– Excusez-moi, je ne voulais pas vous froisser jeune homme.

– Kaïh, lâche-le s’il-te-plaît.

La petite voix de Telhia le ramena à la réalité. Ces derniers jours avaient été particulièrement difficiles. Il avait dû prendre soin de la princesse et de son amie, subvenir à leurs besoins, veiller à ce qu’elles ne soient pas mises en danger, mais il avait finalement failli. Ils avaient tous les trois été capturés, mais là encore il avait tout fait pour les rassurer. Et finalement, voilà qu’on lui disait qu’Ash était l’hôte d’une partie de l’esprit des ténèbres et qu’elle en mourrait bientôt si on ne l’aidait pas. C’en était trop… mais Telhia avait raison. S’emporter ne servait à rien.

Il consentit donc à relâcher Aostaris, les dents et les poings serrés, toujours sur le point d’exploser.

– Je peux comprendre à quel point la vie de votre princesse vous est précieuse, mais si vous voulez l’aider, il va falloir commencer par m’écouter et accepter la réalité.

– Ces esprits originels sont donc la source de toute magie, reprit calmement Telhia en se tenant le menton.

– C’est tout à fait cela. Et comme j’allais vous le dire, Ash a également accepté d’héberger en elle l’esprit du vent. Grâce à cela nous avons pu diminuer temporairement l’influence des ténèbres sur elle. Mais tant qu’ils seront liés, elle sera en danger. C’est pourquoi votre princesse va devoir entamer un long voyage à travers tout Gaëa pour recueillir les autres esprits en elle. Ainsi elle aura acquis l’expérience et la puissance nécessaires à vaincre Anghor. Mais un tel périple ne peut être envisagé pour une personne seule. Elle aura bien sur besoin de vous.

Kaïh prit une longue et profonde inspiration, passant ses doigts dans ses cheveux mi-longs. Ça faisait là beaucoup trop d’informations abstraites pour lui. Il ne comprenait pas tout, mais l’essentiel était déjà très dur à avaler.

– En admettant que tout ceci soit vrai, concéda-t-il, qu’est-ce que vous attendez de nous ?

Aostaris se mit à rire, doucement, comme si Kaïh venait de lui raconter une bonne blague. Ce comportement déplacé força ce dernier à prendre une nouvelle inspiration pour ne pas se laisser submerger par la colère.

– Je veux connaître votre détermination, répondit simplement Aostaris.

– Comment ça ? demanda Telhia.

– La princesse a déjà pris sa décision. En ce moment même, elle s’entraîne de toutes ses forces, apprenant à maîtriser son nouveau pouvoir mais aussi à combattre le démon qui vit en elle. Elle donne tout ce qu’elle a, sans retenue. Sa détermination m’a moi-même surpris. Elle est sans faille. À hauteur du fabuleux destin qui l’attend. Cependant, comme je vous l’ai dit, elle ne peut marcher seule sur le chemin qui la mènera vers son but. Elle aura besoin de soutien, de force, de sourire et de réconfort. Sans ça, elle faillira. C’est certain.

Kaïh déglutit, le regard plongé dans celui du vieil Etrah, buvant ses paroles.

– Êtes-vous aussi déterminés qu’elle l’est, jeunes gens ? Êtes-vous prêts à endurer avec elle son fardeau et ses souffrances ? Êtes-vous prêts à vous battre de toutes vos forces, sans jamais douter de votre résolution à protéger l’hôte d’un démon ? Car c’est là une vérité que je ne vous cache pas : la princesse peut à tout moment basculer du coté des ténèbres et vous massacrer en un claquement de doigt. Elle l’a malheureusement déjà fait et si sa volonté n’avait pas repris le dessus, je ne serais pas là, en face de vous, à vous expliquer tout cela. Sa puissance dépasse l’entendement. Elle pourrait devenir un second Anghor. C’est un risque et il faut que vous soyez prévenus.

Après cette explication il marqua une pause qui dura plusieurs secondes. Ni Telhia ni Kaïh n’osèrent réagir. Ce qu’Aostaris leur disait prenait de plus en plus la forme de vérité dans leur esprit et ils réalisaient, tout doucement, qu’ils pouvaient avoir un rôle dans le périple qu’Ash se préparait à entamer.

– Êtes-vous résolus à voyager à ses cotés ? Sachez que rien ne vous y oblige. Si vous refusez, je vous laisserai partir librement et demanderai à mes soldats d’accompagner votre princesse. Mais je suis persuadé que vous ferez une bien meilleure escorte pour elle que tous mes guerriers réunis.

À nouveau le calme s’installa pendant un instant.

– J’ai bien sûr conscience que ce n’est pas une décision facile à prendre. Ne vous inquiétez pas, je n’exige pas de réponse immédiate. Je vous laisse quelques jours pour prendre votre…

C’est à cet instant que la vérité résonna en Kaïh. Qu’elle soit Princesse de Zankior, ou hôte d’un démon sanguinaire, il s’était depuis longtemps juré de la protéger quoi qu’il arriverait. Cela remontait à plusieurs années déjà. Même si le roi Hisran avait toujours été sa priorité, il n’avait jamais cessé de s’assurer qu’Ash allait bien.

– Je mourrais pour elle, le coupa-t-il donc d’une voix assurée.

Cette simple phrase sembla convaincre Aostaris qui se tourna bientôt vers Telhia.

– Ash est ma sœur. Je ferais tout pour elle.

Elle aussi affichait un air sûr que Kaïh ne lui avait encore jamais vu. Il put ainsi constater la force de l’amitié qui liait ces deux amies d’enfance.

A nouveau Aostaris afficha un air satisfait.

– Bien, je suis ravi de lire tant de franchise en vous. Cependant, aussi courageux que vous puissiez être, êtes-vous seulement capables de la défendre contre un démon ?

– Un démon ? répéta Telhia.

– Oui, un démon. Ceux-là même qui ont détruit Zankior il y a un millénaire. Car Anghor ne va pas tarder à les invoquer grâce à ses nouveaux pouvoirs. Et alors ils se mettront à votre recherche. Et tant qu’ils n’auront pas mis la main sur vous, ils ne s’arrêteront pas. Vous en croiserez donc fatalement sur votre chemin. A ce moment, serez vous assez forts pour leur faire face ?

Le silence tomba comme une réponse. Kaïh avait certes suivi un entraînement rigoureux pour devenir garde royale, mais sa force n’avait rien d’exceptionnel. De ce fait, il savait que si Ash n’avait pas tué elle-même le Nacyl dans la forêt émeraude, il n’aurait rien pu faire contre cette bête sauvage. De même, il n’avait rien pu faire lorsque Lohan leur avait tendu un piège. Et avant cela, il n’avait même pas pu porter un seul coup à Anghor après que celui-ci ait assassiné le roi. Pour couronner le tout, il n’avait jamais été doué en magie. Alors affronter des démons résistant aux canons les plus puissants et capables de réduire en cendre une ville entière…

À nouveau il déglutit bruyamment. Sa faiblesse était criante.

Telhia, elle, fixait ses pieds en serrant son pendentif entre ses mains. Elle non plus ne semblait pas avoir une grande expérience du combat. Son niveau en magie était, paraissait-il, assez impressionnant pour une humaine, mais elle ne connaissait rien d’une vraie bataille. Son inexpérience tombait sous le sens. À eux deux, ils n’étaient pas à la hauteur contre plusieurs guerriers expérimentés, et encore moins contre des démons. Affirmer le contraire aurait été prétentieux de leur part.

– Ne vous inquiétez pas, leur dit Aostaris en voyant leur mines abattues. La force s’acquiert, contrairement à la détermination. Je voulais simplement m’assurer que vous étiez prêts à tout pour la princesse. Elle aura besoin de vous. Je vous offre donc la possibilité de suivre un entraînement avec quelques uns de mes meilleurs guerriers et professeurs en magie. Ash a encore beaucoup à apprendre, vous avez donc du temps. Il ne tient qu’à vous de le mettre à profit.

– Attendez, j’ai une question à vous poser, s’écria soudainement Telhia.

Aostaris avait déjà amorcé un mouvement pour leur tourner le dos, marquant ainsi la fin de leur entrevue, mais il se stoppa net, attendant patiemment que la jeune fille parle.

– Tout ce que vous venez de nous dire, personne n’était au courant. Du moins, aucun humain à Zankior n’en a jamais fait mention, ni aucun livre que j’ai pu lire. Comment cela est-il possible alors que ça nous concerne directement ? Mais là où je veux en venir, c’est à cette question là : pourquoi devrions-nous vous faire confiance ? Qui nous dit que tout cela n’est pas un piège ?

– Telhia ! commença Kaïh avant de se raviser.

Aostaris demeurait immobile au pied de son trône déployant ses branches pavées d’or au dessus de leur tête. Il prit la peine de réfléchir un instant, laissant les mots de la jeune fille s’éteindre doucement. Et finalement il se décida. En une unique phrase il répondit :

– Vous devez avancer pour le savoir.

Et il finit son mouvement, leur tournant finalement le dos.

Deux gardes vinrent les chercher et il ne revirent ni Aostaris ni Ash pendant le mois qui suivit.

Pendant ce temps là, Anghor s’enfonça un peu plus dans les ténèbres pour parvenir à ses fins. Comme Aostaris l’avait prédit, l’esprit originel des ténèbres lui révéla le moyen d’invoquer les démons sur terre, et en six jours à peine il plaça sous ses ordres un millier de ces guerriers des enfers. La nouvelle se répandit vite dans le monde entier. Le mal était revenu sur Gaëa, et il avait le même visage qu’il portait dans les vieilles légendes de Gaëa. Les démons, comme la première page du livre du renouveau le narrait, étaient à l’épreuve de toutes les armes. Ceux qui osèrent les affronter furent tout simplement balayés comme de vulgaires grains de poussière pris dans une tornade dévastatrice. Zankior et l’ouest du royaume de Teronel étant déjà à la botte du mage noir, il fit rapidement main basse sur le reste des terres des Hommes. Son armée marchait sur les villes sans même rencontrer de résistance. Teronel n’était plus, remplacé par le royaume du mage Anghor.

Submergés par la peur d’être massacrés, les humains se soumirent pour la plupart à leur nouveau souverain. Hommes, femmes et enfants furent alors mis au travail. Anghor désirait une nouvelle capitale pour son nouvel empire. Et, encore une fois, le continent des humains perdait Zankior…

Pour finir, le nouveau roi des Hommes interdit l’utilisation de la magie. Ceux qui osaient s’y adonner étaient sauvagement massacrés sur la place publique de leurs villages et tous les extracteurs et catalyseurs de magie furent détruits un à un.

Le sang et les larmes recouvriraient le nouveau continent.

Heureusement, quelques humains refusèrent la servitude et s’enfuirent en direction du royaume des Etrahs. Ceux-ci les accueillirent sans conditions sous ordre d’Aostaris et les aidèrent à former une résistance, tenant tant bien que mal les démons à distance de la frontière Etrah grâce à leur magie liée au vent. Parmi les membres de cette résistance, une rumeur grandit rapidement, d’abord semblable à un murmure à peine chuchoté, jusqu’à devenir un chant lancé fièrement vers leurs adversaires comme une promesse de victoire : Ash Zanakioriah, Princesse des Hommes, était toujours en vie. Zankior et tout Teronel pouvaient renaître. Le sang royal ne s’était pas tari. Rien n’était perdu. Ash incarna ainsi l’espoir pour la résistance humaine. Elle devint un symbole vivant.

Cependant, pour ceux qui étaient restés de l’autre coté de la frontière, cette rumeur déclencha de la haine. Leur princesse les avait donc abandonnés, fuyant vers de plus vertes contrées. Elle laissait à son peuple la charge d’endurer la tyrannie d’Anghor sans s’en soucier. Elle fut désignée comme une traîtresse et beaucoup se mirent à la détester bien plus qu’ils haïssaient Anghor. Quelques Hommes, rongés par cette rancune envers leur ancienne princesse, décidèrent même d’apporter leur soutien au tyran. Leur soutien et leur fidélité envers le mage noir furent tels qu’ils devinrent sa garde personnelle. Leur cœur était rongé par un désir de vengeance.

Pendant ce temps, Ash, Telhia et Kaïh se concentrèrent sur leur entraînement. Kaïh fut confié à un guerrier Etrah de premier plan, celui-là même qui les avait capturés. Comme son niveau en magie restait médiocre, il décida de se concentrer sur sa force physique. Il passa des journées entières à manier des armes de plus en plus lourdes tout en essayant d’augmenter sa rapidité. Il renforça aussi la dureté de sa peau en encaissant toujours plus de dégâts de front.

Telhia quant à elle s’enferma dans la bibliothèque des Etrahs, étudiant la magie en compagnie d’une Etrah aux pouvoirs bien supérieurs aux siens. Elle pratiqua nuit et jour pour maîtriser un maximum de magies et lorsque les livres n’eurent plus rien à lui apprendre, elle essaya d’augmenter sa force vitale en poussant toujours plus loin ses limites. Son instructrice lui apprit les bases du combat, la résistance au stress, l’analyse de différentes situations… il s’avéra rapidement que Telhia ne valait pas grand chose au corps à corps, mais elle fit de son mieux pour minimiser ses faiblesses. Sa détermination à aider Ash était incroyable et lui permettait d’endurer toutes les épreuves sans jamais abandonner.

Ash, quant à elle, avait disparu dans les sous-sols d’Ares en compagnie de Laruku. En dehors d’eux deux, personne ne fut autorisé à pénétrer dans leur salle d’entraînement. Et Ash refusa d’en sortir. Elle n’eut donc aucun contact en dehors de ceux qu’elle avait avec Laruku pendant un mois entier, se persuadant qu’ainsi elle ne serait pas distraite par autre chose. Elle ne demanda pas non plus de nouvelles de ses amis, même si elle en avait très envie. Sa concentration devait rester imperméable.

Pendant son entraînement, elle pleura beaucoup de larmes, elle cria à en perdre la voix, elle saigna des litres de sang, elle frôla la mort à trois reprises, elle souffrit comme jamais et à chaque fin de journée elle s’évanouissait d’épuisement. C’était là le prix à payer pour survivre. Laruku lui proposa à plusieurs reprises de prendre une journée de repos, mais elle refusait net à chaque fois. Depuis qu’elle avait absorbé Thyella, elle le sentait en elle. Elle sentait le démon remuer ses entrailles, serrer son cœur et embrumer son esprit. Il n’aimait pas partager Ash avec un autre esprit. Il se sentait en danger. Il savait qu’on préparait quelque chose pour le contenir et ça ne lui plaisait pas du tout. C’est pour cela qu’Ash se donnait corps et âme dans cet entraînement. Elle avait promis de ne jamais plus se laisser aller aux ténèbres et elle ferait tout pour tenir cette promesse.

Ce mois passé, les trois amis se retrouvèrent enfin, prêts à partir en direction de Nehbrah. Leurs retrouvailles déclenchèrent des larmes chez chacun d’entre eux, mais Telhia fut la seule à les laisser couler sur son visage. Ils échangèrent quelques mots dans une conversation superficielle et se dirigèrent vers les portes de la ville. Il ne fallait pas perdre de temps. Un mois entier était passé, c’était déjà beaucoup trop. Ils auraient tout le temps qu’il faudrait pour parler une fois sur la route.

– Je vous souhaite donc une très bonne chance à tous, leur dit Aostaris avant qu’ils ne passent le seuil de l’énorme porte de bois incrustée dans le dôme recouvrant Ares. Je sais que chacun d’entre vous sera à la hauteur de sa destinée. Croyez-moi, mais surtout, croyez en vous.

Ils échangèrent un regard. Tous trois affichaient les mêmes yeux cernés, mais remplis de détermination.

– Je viens avec vous, lança alors une voix derrière le vieil Etrah.

Laruku s’avança jusqu’à arriver à leur hauteur. Son visage sérieux les toisa pendant un court instant de flottement.

– Tu es sûr de toi ? lui demanda finalement Aostaris.

– Oui, ils auront sans doute besoin de nos connaissances. Et si je peux relever plus de données concernant les esprits, directement sur le terrain, je pourrai étayer mes théories pour en faire des lois. Ash aura plus de chances de survie si je reste à ses cotés.

Kaïh déglutit si bruyamment qu’il s’en étrangla, toussotant pendant un court instant le temps de reprendre son souffle. Il s’excusa poliment en détournant les yeux. Telhia elle aussi avait les yeux rivés vers le sol.

– Soit, répondit Aostaris. Je compte sur toi pour faire preuve de sagesse mais aussi pour les aider du mieux que tu peux.

Laruku acquiesça avant de rajouter :

– Si les démons arrivent jusqu’aux portes d’Ares, j’ai déjà programmé le système de défense. Vous n’aurez qu’à le déclencher pour repousser l’attaque. Et si ça ne suffit pas, j’ai codé un protocole de secours. Mes subordonnés sont au courant. Ça devrait aller.

– Oui, ça ira, conclut Aostaris. Pars l’esprit tranquille mon ami.

– Ami ? C’est trop d’honneur.

Ils échangèrent tous les deux une poignée de main, sourire aux lèvres, puis Laruku franchit l’ouverture dans le dôme, ouvrant la marche. Telhia inclina légèrement la tête en direction du roi, et s’en fut à son tour, courant en direction de Laruku qui avançait bien vite.

– Merci pour tout, dit Ash en s’inclinant face aux roi des Etrahs.

– Merci à toi, répondit celui-ci. Ne t’inquiète pas, nos chemins se recroiseront probablement.

Elle acquiesça d’un signe de tête et partit rejoindre les autres.

Kaïh amorça à son tour un mouvement pour rejoindre la princesse, mais la voix d’Aostaris le stoppa dans son élan. Il demeura pourtant dos au roi des Etrahs.

– Tu l’aimes, n’est-ce pas ? lui demanda-t-il. Tes yeux sont remplis d’amour pour elle, c’est flagrant.

Le cœur du jeune homme rata un battement. Pour lui la question ne s’était jamais posée, et entendre quelqu’un lui dire ça le laissait perplexe. Il se posa donc sincèrement la question, puisqu’il n’avait jamais envisagé avoir des sentiments pour Ash.

– Non, répondit-il bientôt. C’est une princesse.

– Je ne vois pas le rapport entre ton amour et le fait qu’elle soit une princesse.

– C’est vrai, avoua Kaïh. Il n’y en a pas. Mais non, je ne l’ai…

Sa phrase s’arrêta net et il ne chercha même pas à se rattraper. Au lieu de ça, il se mit en face d’Aostaris et s’inclina rapidement avant de tourner les talons pour rejoindre ses compagnons.

– C’était l’évidence même, murmura Aostaris en regardant les quatre silhouettes s’éloigner dans la lueur du soleil levant. Il suffisait de se poser la question.

Il resta là un long moment, même après que leurs ombres aient disparu derrière l’horizon, à contempler le ciel zébré de nuages rosis par les premiers rayons de soleil. Il se répétait qu’il aurait aimé les accompagner, mais sa place était près de son peuple.

C’était à la jeunesse de défendre Gaëa à présent. Oui…

Lui avait déjà eu son heure de gloire mille ans auparavant.

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