Chapitre 7 :

 

Celui qui dormait en moi

– Qu’est-ce que je suis censée comprendre ? Demanda Ash après avoir relu deux fois la relique.

Aostaris ne répondit pas tout de suite. Il avait croisé les bras, une main caressant sa longue barbe, le regard perdu vers le sol. Après un long moment de silence qu’Ash n’osa pas briser, il prit la parole.

– Le livre du renouveau narre une histoire réelle. Mais il la raconte comme on raconte une histoire aux enfants. Il la simplifie, la transforme, la rend plus belle. La réalité qu’il raconte se trouve perdue entre ses lignes.

– Et quelle est cette réalité ? insista Ash qui ne comprenait décidément pas où voulait en venir le vieil Etrah.

À nouveau il se mit à rire, doucement.

– J’ai cinq-cents ans jeune fille, pas mille, plaisanta-t-il. Cela dit…

Il fit à nouveau une pause, avant de continuer.

– Les Etrahs ont toujours joué le rôle d’observateurs dans ce monde, et il est vrai que je sais des choses qui vous sont nécessaires, Princesse. Et cela commence il y a mille ans. Je ne suis sûr de rien concernant les Séraphins, mais ce que je sais, c’est que l’art de la magie nous a bien été révélé au moment où les ténèbres menaçaient Gaëa. Chaque peuple se découvrit une force dans l’un des éléments. Comme le dit la page que vous tenez entre les mains, nous maîtrisons le vent mieux que n’importe quelle autre magie, les Tiophéis l’eau, etc… mais t’es-tu jamais demandé pourquoi les Humains ne maîtrisent aucun élément ?

Ash fit signe que non, même si elle commençait à comprendre grâce à la nouvelle relique. Elle ne voulait pas couper le récit d’Aostaris avec des suppositions.

– « Les ténèbres éternelles…. » des Humains, c’est ce qu’aurait dit la relique si elle n’avait pas été censurée. Les humains furent sans doute les premiers à atteindre la quintessence d’un élément. Mais malheureusement, l’essence de ce pouvoir se trouvait dans ces ténèbres qui les ont détruits. Les Hommes sont liés à elles comme les quatre autres races sont liées au vent, à l’eau, au feu et à la terre. Une véritable malédiction pour vous. Je pense que tu as compris que ça implique que…

– … les ténèbres sont arrivées sur Gaëa grâce aux humains, finit Ash qui n’en revenait pas.

– C’est cela. La première page du livre du renouveau n’en fait pas vraiment mention car ceux qui l’ont rédigée ont eu pitié des Hommes. Les juger coupables était beaucoup trop sévère et il a été décidé d’effacer ce fait de l’histoire contée et de l’Histoire de Gaëa.

– Qui ? Qui a décidé ça ? Qui a écrit ce livre ?

– Je ne sais pas… les Séraphins peut-être, ou un simple spectateur. Ce n’est pas important car ce n’était pas une mauvaise décision en soi. Mais comment apprendre de l’histoire si elle est incomplète ? commenta-t-il presque pour lui-même. Quoi qu’il en soit, les ténèbres ont fini par être vaincues et au terme de la guerre, le serment fut prononcé. Celui-là même qu’Anghor voulait briser depuis tant d’années en incitant tes ancêtres à nous faire la guerre.

Aostaris sembla se perdre un instant dans ses pensées, mais se reprit vite, posant les yeux sur Ash qui attendait la suite de son récit.

– Le serment de ne jamais utiliser les ténèbres quoi qu’il arrive… car leur puissance est bien trop grande pour être contenue. Et c’est ce qu’Anghor a toujours attendu : la faiblesse d’un homme avide de pouvoir qu’il aurait poussé à briser son serment. Il ne voulait pas le faire lui-même, car il avait sans doute peur de se souiller. Il se croit pur. Seulement sa patience a récemment atteint ses limites et il a brisé le sceau de ses mains.

– Le sceau ? Quel sceau ? Je ne comprends pas.

Aostaris tendit la main vers le mur à sa droite et quelques secondes plus tard, une ouverture s’y dessina, prenant la forme d’une grande fenêtre sans vitres. On pouvait voir la totalité de la ville. Un jardin géant éclatant de beauté.

– Voyez-vous la statue au centre de notre ville ? demanda-t-il en la pointant du doigt. Elle représente celle que nous appelons Thyella. Elle est au cœur de notre histoire et nous la vénérons plus que tout. C’est l’esprit originel du vent.

Ash tourna un moment cette phrase dans sa tête sans parvenir à comprendre où le vieil Etrah voulait en venir. Était-ce une héroïne de leur légende ? Ou un glorieux souverain qui avait marqué leur histoire ? Étrangement, Thyella ne semblait pas faire partie de la race des Etrahs.

– D’où pensez-vous que la magie vienne ? Qu’est-ce qui la fait naître ? demanda Aostaris en voyant que la princesse restait perplexe.

Ash fit signe qu’elle n’en savait rien. Elle ne s’était même jamais posé la question.

– Il existe de par le monde des entités extrêmement puissantes qui incarnent chaque élément. On les appelle les esprits originels. Ce sont eux qui génèrent notre magie.

– Mais vous parliez d’un sceau ?

– J’y viens. Ces esprit ne sont pas matériels. Il leur faut un hôte pour exister. Mais paradoxalement, leur puissance est telle que nul ne peut le supporter. C’est pourquoi, il y a mille ans, ont été créés les autels. Ce sont des réceptacles faits d’un matériau inconnu qui a la capacité de retenir la magie, de la sceller. Ce même matériau est utilisé sur votre gantelet, ou le collier de votre amie comme catalyseur. Et c’est grâce à cette pierre que les esprits originels ont pu être capturés il y a mille ans. Chaque capitale abrite l’un de ces autels. Et celui de Teronel a été brisé il y a quelques jours.

– Et c’est grâce à cela que nous pouvons utiliser la magie ?

– Absolument. Et, ce n’est qu’une théorie, mais si chaque peuple est plus doué qu’un autre dans la maîtrise d’un élément, c’est sans doute parce qu’il est plus proche, physiquement parlant, de la source de ce pouvoir.

Ash commençait à comprendre. Tout cela semblait parfaitement cohérent. L’autel derrière le pupitre contenant la relique qu’elle avait dérobée dans la salle interdite était en fait l’autel contenant l’esprit des ténèbres. Et il existait ainsi cinq esprits purs, chacun enfermé dans ces autels jalousement gardés au sein des cinq capitales de Gaëa.

– Et Anghor s’est emparé de l’un d’entre eux, finit Ash à voix haute alors qu’elle suivait le fil de ses pensées. Mais j’ai cru comprendre qu’il était trop puissant pour être abrité dans un corps ?

– C’est vrai, mais il existe des exceptions. Ne me demandez pas lesquelles, je peux seulement vous dire que l’ancien bras droit de votre père en fait partie. Heureusement, il n’est pas le seul. C’est là que vous entrez en jeu car vous aussi vous êtes de ces êtres exceptionnels. Et en vous réside peut-être notre seul espoir.

Elle ? Un être capable d’être habité par un esprit originel ? Impossible, pensa Ash. Elle n’était qu’une simple humaine sans prédisposition particulière à la magie. Aostaris devait divaguer.

– Comment cela ? Je ne comprends pas, demanda-t-elle tout de même. En quoi serais-je exceptionnelle ?

– Je suis sûr que vous en avez déjà conscience au fond de vous. Mais votre modestie vous empêche de voir votre singularité. Après tout, je suis sûr que vous vous êtes déjà demandé pourquoi les pages du livre du renouveau ne s’activaient qu’à votre contact, n’est-ce pas ?

Ash allait couper le vieil Etrah, mais il fut plus rapide qu’elle.

– Après que les ténèbres furent vaincues et scellées dans un autel, le livre du renouveau fut rédigé. Peut-être par les Séraphins, peut-être par une autre race qui se serait éteinte, toujours étant que l’encre utilisée pour écrire ce livre se trouve être un composant liquide proche des pierres servant à catalyser la magie et à sceller les esprits originels. Ainsi, une sorte de système d’alarme fut mis en place ; on distribua les pages à chaque race de Gaëa qui les placèrent sur leurs autels respectifs. Là où se trouve désormais les esprits originels, débordant de pouvoir. En temps de paix, ces pages demeuraient vierges car la magie restait équilibrée. Mais dès qu’un autel serait brisé, l’harmonie magique s’en trouverait bouleversée et les pages s’activeraient au contact des autels restants. Moi-même je ne peux qu’imaginer les rouages de cette alarme magique. Toujours étant qu’elle a fonctionné. Les pages posées sur les autels se sont allumées au moment où Anghor a libéré les ténèbres et donc les Sharps, Tiophéis, Gaïens et nous-mêmes, les Etrahs, savons que les ténèbres nous menacent à nouveau.

– Mais quel rapport avec moi ?

Ash était perdue. Beaucoup d’informations lui étaient données, trop pour qu’elle assimile tout correctement. Il lui faudrait sûrement plusieurs jours avant de rassembler les pièces du puzzle en un tableau cohérent. Elle venait à peine de mettre le doigt sur le fait qu’Anghor n’était pas humain et que cela impliquait que Telhia non plus. Mais elle s’en occuperait plus tard car les révélations n’étaient pas finies apparemment. Son esprit s’échauffait, plein de questions, plein de réponses.

– Je ne voudrais pas insulter votre intelligence en vous donnant la réponse toute faite, répondit le roi des Etrahs. Mais si vous comprenez qu’un autel abritant un esprit élémentaire active la relique, vous pouvez comprendre pourquoi à votre contact, les mots des pages du livre du renouveau apparaissent également

– J’abrite un esprit originel ? s’exclama-t-elle en riant. Non, ce n’est pas ça. Je ne comprends pas.

– Et ces rêves que vous faites depuis que le bras droit de votre père a brisé l’autel, que représentent-ils ?

La voix d’Ash se brisa dans sa gorge. Comment Aostaris pouvait-il savoir qu’elle faisait toujours les mêmes cauchemars ? Et pourquoi commençait-elle à croire qu’elle abritait elle-même l’esprit des ténèbres ? Cela lui semblait improbable, elle s’en serait rendu compte, ou quelqu’un lui en aurait parlé. Quelle était donc cette plaisanterie qui se transformait peu à peu en réalité ?

– J’ai eu beau chercher, je ne peux vous dire pourquoi. Mais à un moment ou à un autre, le démon scellé dans l’autel de Zankior a été scindé en deux. Une partie a été placée en vous et grâce à cela Anghor n’a pas encore gagné. Vous pouvez vous opposer à son pouvoir.

Ash n’écoutait plus. Son cœur tambourinait à ses tempes et sa respiration s’emballait de plus en plus. Ses yeux s’agitaient dans ses orbites sans qu’elle parvienne à voir quoi que ce soit. Le monde autour d’elle s’effritait, la plongeant dans l’océan déchaîné de ses pensées. Elle s’y débattait de toutes ses forces, mais la puissance des vagues était immense. De gigantesques rouleaux fondaient sur elle, manquant de peu de la noyer. Plus le temps passait, plus l’océan s’agitait, semblant la tirer par les pieds pour la noyer. Et plus le temps passait, plus les forces d’Ash se dissipaient. Le temps s’était suspendu dans le réel, il ne restait qu’elle contre son esprit en feu. Elle lutta pendant ce qui lui sembla des heures, mais finit par se laisser aller, entraînée vers les tréfonds bouillonnants de ses pensées, où elle ne semblait plus avoir aucune prise.

Une voix, lointaine, lui hurla quelque chose.

« – Ne le laissez pas apparaître ! »

Mais Ash ne comprenait plus les mots. Son esprit semblait s’éteindre et le silence l’entoura peu à peu. Elle était seule, plongée dans le noir total. Rien n’existait, pas même elle. Le vide. La mort, peut-être ? C’était là une alternative satisfaisante à la souffrance. La mort pouvait la libérer de la souffrance de la vie. Et il en allait de même avec Gaëa. Une terre parcourue de guerres et de sang. De haine et de désespoir. La mort de chaque être soulagerait enfin tous les cœurs tourmentés. Pourquoi n’y avait-elle pas songé plus tôt ? La solution était pourtant si simple. Oui, elle pouvait aider les gens en les faisant glisser dans un lieu de paix. Un endroit où tous les sentiments négatifs n’avaient aucune prise. Seule la quiétude régnait. Et la mort était le portail menant à cet Éden.

Elle ouvrit les yeux, comme ramenée à la vie. Une nouvelle Ash, qui allait sauver le monde en le détruisant. Jamais elle n’avait eu les pensées aussi claires. Devant elle une vingtaine de gardes lui faisait face et derrière eux Aostaris lui hurlait quelque chose. Mais elle choisit de ne pas l’écouter. Elle n’avait plus besoin de lui, ni de ses conseils ou de ses réponses. Ce n’était plus utile. Il fallait à présent qu’elle commence à libérer les habitants de Gaëa. Qu’elle les envoie vers le paisible au-delà. Pour le remercier, Ash décida qu’Aostaris pouvait bien être l’un des premiers qu’elle libérerait.

Elle tendit la main vers lui et une aura noire se mit à glisser le long de son bras. Comme une fumée qui s’échapperait des pores de sa peau pour former un voile translucide autour d’elle.

Trois gardes Etrahs plongèrent alors sur elle en braquant leurs lances vers son cœur. Derrière eux, deux autres avaient levé leurs mains au ciel, invoquant de petites tornades au creux de leurs paumes.

Ash trouva presque facile d’esquiver leur attaque. Son corps bougea tout seul, puis répliqua à l’attaque sans même y penser. Les cadavres de deux gardes s’écrasèrent au sol. Au bout de ses bras, Ash avait matérialisé deux lames d’un noir profond sur lesquelles le sang vert sombre des Etrahs luisait.

Deux êtres qui enfin connaissaient la paix et la tranquillité, grâce à elle.

Une rafale de vent vint la percuter de plein fouet mais elle ne ressentit aucune douleur. Le long de son épaule gauche, une large entaille se mit à saigner abondamment, tâchant ses vêtements. Mais elle n’avait pas mal. Au contraire, elle se sentait presque mieux maintenant. Un frisson de plaisir la parcourut, et elle sentit un délicieux fourmillement dans son bas-ventre. Tuer ces deux Etrahs, être blessée … elle aimait ces sensations. Cela comblait un vide en elle et lui faisait éprouver d’agréables émotions. Et elle en voulait plus, beaucoup plus. Ça avait été si plaisant, si savoureux, mais si court… il fallait absolument qu’elle tue à nouveau quelqu’un. Vite !

Elle plongea dans la muraille que formaient les gardes et se mit à bouger avec grâce autour d’eux. Elle semblait danser, effectuant des mouvements amples avec souplesse. Ses gestes avaient quelque chose de sensuel, mettant en avant ses courbes harmonieuses.

Lorsqu’elle s’immobilisa enfin, elle se laissa submerger par une vague de plaisir si intense qu’elle ne put s’empêcher de lâcher un rire profond et incontrôlable. A ses pieds gisait une masse informe de membres recouverts d’un sang poisseux. Elle venait de connaître sa première extase. Une sensation qui n’était pas issue du désir charnel, mais qui était cent fois meilleure. Ash s’en délecta un instant avant de se diriger vers Aostaris, abasourdi. Elle le saisit par le col et l’approcha à sa hauteur. Elle voulait voir la vie s’éteindre dans ses yeux.

Mais avant même qu’elle amorce le mouvement qui mettrait fin à ses souffrances, le vieil Etrah s’entoura d’une bourrasque de vent si violente qu’Ash fut projetée dix mètres en arrière. En tombant au sol, son épaule gauche déjà meurtrie se déboîta et, à nouveau, elle ressentit un intense plaisir à la place de la douleur. Elle se redressa sans mal. À nouveau, Aostaris lui hurla quelque chose, mais elle ne voulait vraiment pas l’entendre. Quoique … au fond d’elle « ça » remuait.

Elle tendit ses mains vers lui et les deux lames de ténèbres plantées dans ses bras se détachèrent et foncèrent dans sa direction. Encore une fois, un vent violent dévia les lames qui allèrent se planter dans l’arbre aux feuilles dorées derrière Aostaris.

Une dernière fois, il tenta de lui parler. Et cette fois, malgré tous ses efforts, elle ne parvint pas à l’ignorer.

– Il existe un moyen de le contenir ! hurla-t-il. Ash, vous pouvez encore reprendre le contrôle, ne le laissez pas gagner !

Ces paroles furent comme un poison en elle. Lentement elle se sentit perdre pied. Il fallait absolument qu’elle le tue pour reprendre de la force. Elle s’avança vers le vieil Etrah en titubant. La douleur commençait à revêtir sa véritable forme : elle avait mal, de plus en plus mal. La princesse arriva tout de même à sa hauteur, une grimace aux lèvres. Si elle parvenait à le tuer, tout rentrerait dans l’ordre. Elle posa donc sa main sur la poitrine du vieil homme, prête à déchaîner les ténèbres contre lui.

C’est alors qu’il l’enlaça. Ses bras la soutinrent vigoureusement et une chaleur indescriptible l’inonda. C’était comme si son père la serrait contre lui. Une chose qui n’était pas arrivée souvent, mais qui demeurait en elle comme un doux souvenir. Un souvenir d’amour.

Ce fut comme si elle se réveillait doucement d’un rêve agité. Elle prit conscience qu’une voix avait murmuré à son oreille seulement lorsqu’elle se tut. Et bientôt elle comprit ce qui était arrivé.

Si elle avait pu, elle se serait mise à pleurer toutes les larmes de son corps. Mais elle n’avait même plus la force d’exprimer sa peine. Elle était consciente, mais son corps était à bout de force, paralysé par l’épuisement.

– Je suis désolé, murmura doucement Aostaris qui la serrait toujours contre lui. J’aurais dû m’y prendre autrement pour vous faire comprendre. Je ne pensais pas qu’une telle révélation lèverait le doute dans votre cœur. Les ténèbres en vous n’ont pas loupé cette occasion de nourrir ce doute. J’aurais dû le prévoir.

Il continuait à l’étreindre, assez fort pour la maintenir debout, mais avec une certaine douceur.

– Mais je ne les laisserai pas gagner. Pas encore. Vous pouvez accomplir de grandes choses, Princesse. Des choses que seule vous êtes désormais capable de faire. Car vous avez le même pouvoir qu’Anghor.

Ash se détesta d’autant plus. La comparer à Anghor était affreux, mais pourtant si juste. Peut-être même était-elle pire. Un monstre sans cœur, arrachant la vie en en tirant du plaisir.

– Mais je vais être honnête avec vous, Ash. Et je vous supplie de ne pas tomber dans la facilité. Il n’appartient qu’à vous de vous laisser aller aux ténèbres comme Anghor, ou de lutter pour sauver Gaëa. Cette fois-ci, les esprits originels ne seront pas assez forts. Anghor est trop malin et puissant. Nous avons besoin de vous, c’est pourquoi je veux que vous ayez confiance en moi.

Qu’importe ce qu’il allait dire, rien ne rachèterait jamais sa faute. Elle avait tué des Etrahs. Certains d’entre eux étaient peut-être pères et elle les avait enlevés à leurs enfants. Elle avait fait ce qu’Anghor avait fait avec elle. Et elle connaissait le mal que cela provoquait. Une blessure qui jamais ne se refermerait. Jamais elle n’obtiendrait de pardon, et de toute façon, elle ne le méritait pas. Elle ne voulait qu’une chose ; que tout ça s’arrête. Pendant ce temps, Aostaris continuait à lui parler.

– Voici donc la vérité que je voulais vous cacher jusque là : quoi que vous fassiez, que vous nous aidiez ou non, à terme les ténèbres finiront pas vous consumer et…

Un court silence les enveloppa avant qu’il daigne péniblement prononcer l’horrible vérité.

– … vous mourrez, conclut-il la voix sur le point de se briser. Inévitablement. Votre temps est déjà compté. D’ici quelques semaines, quelques mois peut-être, vous ne serez plus.

Alors, à son plus grand étonnement, Ash se sentit un peu mieux. Son vœu venait d’être exaucé. Elle allait payer pour ce qui venait de se passer. Oui, elle serait punie.

Tout en s’accrochant à cette idée réconfortante, Ash glissa dans un sommeil profond pendant qu’Aostaris versait ses larmes sur elle.

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5 commentaires pour Chapitre 7 :

  1. Naliwe dit :

    Ouah… Ce chapitre nous tiens vraiment en haleine. Je ne suis pas mécontente d’avoir patienté. Mais, j’ai du mal à comprendre pourquoi l’esprit des ténèbres devrait tuer Ash… Est-ce parce qu’il est trop puissant pour elle?
    C’est un peu flou tout ça.
    En tout cas j’ai hâte de lire la suite!!

    Bon courage en tout cas pour la suite!!

    • Kuroshiro dit :

      Il y a encore des ombres dans tout cela et c’est bien normal. L’histoire avancera et, en même temps qu’Ash, on découvrira petit à petit le pourquoi de tout ceci. Pour l’instant on reste dans le flou, dans le doute, comme Ash… il faut la soutenir la pauvre ^^
      Merci pour ton soutiens, ça fais chaud au cœur.
      Je vais faire de mon mieux pour le chapitre 8 ! >o<

  2. Yumi Kuroshiro dit :

    Aaah, l’attente en valait bien la peine !
    J’ai carrément eu des frissons et la chair de poule en lisant toutes ces révélations ! Et les ténèbres qui vont consumer notre petite Ash >o< Et si elle retrouvait l'autre moitié ? Peut-être que ça la sauvera ?

    J'ai hâte de lire la suite, comme toujours ! Simplement trop bien.

    • Kuroshiro dit :

      Et bien, tu sais quoi ? Moi aussi j’ai eu des frissons en l’écrivant ^^
      C’est donc une victoire en sois d’avoir réussis à transmettre mes émotions à ceux qui me lises.
      Merci de me suivre, même si vous êtes peu ça donne un sens à tout ça ^^

  3. Lune Nguyen dit :

    Purée, mais c’est tout bonnement trop génial! (euh non, enfin, je veux dire, pas le fait qu’il y ait des morts hein) Ce qu’on apprend sur Ash est trop bien! Là, ça me rappelle un peu Pandora Hearts, avec Oz et son rôle de « hôte » aussi, enfin je ne spoilerai pas trop!
    Bref, j’ai adoré cette partie, la façon dont on ressent cette « deuxième personne »!

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